Pourquoi est-elle morte?

Suicide of young Dentsu employee recognized as due to overwork

Au Japon, cumuler 100 heures supplémentaires par mois n’est pas exceptionnel

dentsu20image20_financial20results_media20page

Tout le monde a été choqué par la mort de cette jeune fille, et surtout par le message qu’elle a laissé à sa mère. Message d’amour, d’amour infini pour l’être cher. À nouveau tout le monde a parlé des heures supplémentaires au Japon, du travail, de la vie harassante des Salerymen Japonais. Des heures impensables de travail. Des heures supplémentaires à rallonge. Mais en toute franchise personne n’a vraiment pensé aux problèmes avec du recul.

Les fainéants

Au Japon bien sûr il y a des gens qui travaillent beaucoup mais en fait pour avoir une vision globale il faut aussi comprendre que quand bien même certains travaillent beaucoup, au sein d’une même entreprise, au sein d’une même équipe vous avez des incompétents notoires, certains par plan, par intérêt mais d’autre part pour inconscience, n’ayant pas les moyens de comprendre ce qui les entoure. Et je l’ai dit aussi, au Japon c’est l’homme qui s’adapte à la machine, et ceux qui peuvent s’adapter à cette situation on tous un profile plus ou moins similaire .Les efforts que demande l’adaptation de toute l’équipe aux mille injonctions de l’administration que représente la hiérarchie, les caprices de la machine, font que par exemple dans une boutique, la chose la plus importante c’est à dire le produit est délaissé.

C’est assez absurde mais finalement le magasin est laissé à lui-même, le client aussi.

La grande Machine et la sacro-sainte peur du client

La hiérarchie japonaise ne soutient pas l’initiative, les efforts, elle n’a que pour but de d’éviter la plainte. Le client est roi et despote. Ainsi un employé modèle ne prendra aucun risque, ne fera aucun effort pour améliorer un système impensable. Tant qu’il ne commettra pas de fautes, il sera en sécurité. La France a ses problèmes, la rigidité de sa hiérarchie, son élite immuable, mais le Japon n’est pas dénuée de problèmes. Bien sûr elle s’est tuée parce qu’elle travaillait trop, bien sûr elle était puisée mais il ne faut pas perdre de vue que dans le même temps elle n’avait pas l’impression que ces efforts étaient reconnus, compris, appréciés. Dans le même temps elle devait couvrir les erreurs de collègue purement incompétents, mais assez agile pour ne pas commettre d’erreur et puis aussi, il y a quelque chose qu’il faut bien comprendre, c’est que les japonais ne les travaille pas toutes ces heures passées au bureau. Beaucoup font semblant, somnolent, simulent le plus important est de paraître occupé.

Broyé, écrasé, détruit.

Le Japon n’assume pas, les entreprises japonaises n’assument pas la dégradation de leur situation. Le travail fait par 30 personnes et maintenant effectué par 10. Puisqu’au Japon la tradition n’est pas à la plainte, et celui qui témoigne de son mécontentement est systématiquement broyé, écrasé, détruit.

Un peu comme les 47 Ronan, le suicide est le seul moyen dans la culture japonaise d’exprimer son mécontentement, tout en conservant son honneur.

Des supérieures, ça je ne l’ai pas abordé, sympathique, agréable, mais surchargé. Eux absorbé par la machine, se moquant éperdument du produit.  Des supérieurs trop occupé pour s’occuper de vous, et toujours prêt à vous enfoncer à la moindre connerie.

Un sacré détour

Il faut aussi penser à un truc, quelque chose de très féminin, et complètement propre au Japon. C’est un peu dur à exprimer, expliquer. Je vais faire un sacré détour. Mais il faut savoir que, et c’est moi seulement qui le pense, dans l’esprit japonais la sexualité n’est ni un tabou ni une nécessité consciente. Entre guillemets, on peut s’en passer. Les Japonaises sont très romantiques, tout dans l’absence de déclaration, dans l’amour silencieux, dans la présence enflammée près de l’autre, près de l’être aimé. Mais pas dans la consommation charnelle. On boit du thé, on dit rien pendant 5 heures, c’est l’amour fou. Enfin, les Japonais vivent leur amour, sans le sexe. Effet induit, éducation, conséquence de…je ne sais pas. Image induite par les séries télé plutôt?? Donc en gros une relation est essentiellement silencieuse, et peu “active”. Et c’est un peu dure à admettre, et à comprendre mais si les Japonaises n’ont pas de petits amis, c’est qu’ils n’en n’ont pas besoin, du moins au début de leur vie de femme adulte. Pourquoi ? Au Japon vous pouvez vivre près de l’être aimé, vivre 24 heures sur 24 ou du moins 10 heures par jour près de lui mais sans que votre relation ne soit différente d’une relation de couple à la japonaise puisque asexuée. Tordu comme raisonnement? J’ai eu droit à pas mal de confession de jeunes filles à la fleur cueilli par un collègue.

En gros, et pour revenir au sujet, le lieu de travail est un lieu flou, ou se reporte une grande partie de l’affect. De l’émotion. oui, j’enfonce une porte ouverte, mais j’essaye de faire comprendre que si en France une fois la lampe de son bureau éteinte, on sort et hop on vit une autre vie. Au Japon, certains ne savent pas éteindre la lampe, parce que, à part le travail il n’y a rien. Et je n’exagère pas. Je fais mes 20 heures d’heures sup par mois, je souffre de ne pas être avec ma famille, mon fils… Mais je suis un enfant de chœur à côté des autres. Et à part deux supérieurs, personne n’a de vie en dehors du travail. Ni femme, ni enfant.

En conclusion,

Non ce n’est pas uniquement parce qu’elle travaillait trop, non…

Il y a beaucoup de raisons, …mais ne vous inquiétez pas les Japonais ne changeront rien.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s